Body Positive: la fin du combat

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Le body positive est un sujet important très actuel. On peut même dire que c’est un mouvement. Il n’y qu’à voir le nombre de hashtag sur Instagram (7 320 609 #bodypositive en octobre 2018).

Cela fait plusieurs mois que j’ai envie d’en parler et c’est ce matin que je me retrouve assise devant mon écran. Cela ne faisait pas partie de ma To-do-list mais comme souvent, je suis mon impulsion de partager avec toi au moment où c’est là.

C’est en fait le commentaire d’une partisane du Body Positive sur mon corps il y a quelques jours qui a déclenché en moi une cascade de réflexions.

Body Image: qu’est-ce que c’est ?

Si tu me suis depuis un moment, tu sais que j’aime mettre des définitions à des concepts comme point de départ. Histoire que nous soyons sur la même longueur d’onde pour commencer.

Alors, qu’est-ce que le body image (image de soi, en français)? L’Association Américaine des Désordres Alimentaires (NEDA) écrit:

“L’image de soi est la façon dont on se voit quand on se regarde dans le miroir ou quand on s’imagine dans sa tête. Cela comprend :

Ce que nous croyons de notre propre apparence (y compris nos souvenirs, hypothèses et généralisations).

Comment nous nous sentons par rapport à notre corps, y compris notre taille, notre forme et notre poids.

Comment nous ressentons et contrôlons notre corps lorsque nous bougeons. ”
— NEDA

La définition de Psychologies magazine est plus succincte  » Idée que chacun d’entre nous se fait de son identité physique (apparence) ».

Dans les deux cas, on comprend que l’image de soi c’est la façon dont nous percevons notre corps. Et que notre perception, nous en dit beaucoup sur l’état de notre relation avec nous-mêmes (et les autres).

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Bien que notre regard nous soit propre – il est influencé par le monde extérieur (la publicité, les magazines de mode, les commentaires reçus de X, Y, Z, l’interprétation de la communication verbale et non-verbale des autres, notre éducation etc.).

Pendant ma deuxième année de Bachelor à l’université de Braford (UK), j’ai suivi un module de sociologie (Popular Culture). J’avais choisi comme travail de recherche l’image de soi influencée par la culture et en particulier la publicité.

Je n’ai plus les chiffres exacts en tête et c’était il y a plus de 10 ans (à l’époque, je faisais mes recherches dans des livres à la bibliothèque !) mais c’était quelque chose comme toutes les minutes, nous sommes confrontés à une image parfaite et utopiste qui met en doute l’image que nous avons de nous-mêmes.

À l’heure de l’hyper digitalisation, que diraient les chiffrent aujourd’hui ? En tout cas, il faut des fondations (comme connaître sa valeur) ainsi que des stratégies (limiter l’accès à la tv, aux magazines, par exemple) sacrément solides pour rester aligné et confiant.

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Body Positive: s’aimer radicalement ?

L’image de soi est quelque chose qui m’intéresse depuis longtemps. Mon premier souvenir, il y a environ 20 ans: j’écoutais parler une amie du lycée qui était arrivée en France à ses 10 ans après un temps de guerre dans son pays.

Elle me racontait que pour elle, l’arrivée en France fût un choc. Elle avait senti un basculement si contrasté d’un monde d’innocence et de jeu (pourtant c’était la guerre !) à un monde où le rapport au corps était malade. Cette amie me racontait qu’elle avait souffert de boulimie plusieurs années peu après son arrivée.

Alors que je l’écoutais, je ressentais de la colère envers mon pays. Et en même temps, je sentais à quel point la relation avec mon corps allait mieux (même si ce n’était toujours pas le top mais c’était mieux). Probablement à la même période qu’elle, alors qu’on ne se connaissait pas, la relation à mon corps était malade.

Je devenais femme et je ne l’acceptais pas. Je subissais des moqueries à l’école sur mon physique. J’ai commencé à m’arrondir à cette période sans devenir en surpoids (ma perception était tout autre: j’étais grosse !).

Le message derrière cette histoire c’est que l’acceptation et l’amour de soi est quelque chose qui se cultive. De mes 13 ans à mes 16 ans, j’avais fait un bond en avant même si je n’étais pas encore sortie de l’auberge, comme on dit chez nous.

Dans la vie, nous vivons des expériences qui mettent nos corps à épreuve et donc notre relation à celui-ci. Le vieillissement, les grossesses, les régimes, les ruptures, les deuils, les maladies, les accidents etc.

À chaque changement, nous avons besoin de temps pour nous réapproprier notre corps. Le surpoids et/ou la malnutrition, c’est souvent signe que l’on a coupé la relation avec notre corps et que nous marchons à côté. Si tu marches main dans la main avec toi-même, qu’est-ce que cela changerait à 360 ?

S’équiper pour traverser la tempête

Comme je l’expliquais plus haut, il y a quelques jours, je rencontrais une partisane du Body Positive. Nous nous étions tout juste saluer qu’elle s’exclama de façon abrupte et spontanée sur mon corps en me demandant si j’avais “encore” perdu du poids.

J’ai été déroutée par son commentaire et j’ai commencé à me justifier : « non je n’ai pas « encore » perdu du poids et ce n’est pas mon souhait d’ailleurs, je me sens bien comme je suis ». Et dans ma tête, ça a continué « j’ai une squelettique fine, mes articulations sont très fines, mon bassin est étroit ». Phew! Non, mais! *Flo, respire!*. 🙂

Plusieurs choses à noter:

  • le « encore » suggère qu’au cours de nos rencontres, elle scrutait probablement ma silhouette: qu’est-ce qu’il se passait dans sa tête ? se comparait-elle ?
  • est-ce que pour elle, le body positive, n’est que dans un sens ? Accepter les rondeurs et pas la minceur? Intéressant. Pour moi, le body positive, c’est accepter TOUS les corps peu importe les formes, couleurs et les blessures de vie.

Après notre rencontre, j’ai repensé à ce cours échange et j’ai réalisé encore plus à quel point les commentaires que nous faisons sans tact peuvent-être dommageables.

En effet, on juge facilement un corps sans savoir ce qu’il se passe dans la vie de cette personne.

Même si j’ai ressenti de la colère – notamment par son rôle de partisane du body positive – j’ai maintenant compris une chose: nous sommes tous et toutes en chemin et son commentaire m’en dit plus sur sa propre relation avec son corps que l’état actuel de mon physique.

Son commentaire m’a permis de mener une réflexion et de maturer mon ressenti envers moi, pour moi et pour toi.

Est-ce que tu comprends pourquoi il est important d’être équipée ? Cultiver l’amour de soi, connaître ses valeurs et ses forces, nous permet de retomber sur nos pieds pendant / après la tempête. Parce que des commentaires, nous en recevons. Avec 25kg en trop ou en moins. Il y a toujours quelqu’un rempli d’insécurité et de doute pour venir semer la pagaille (et nous faire évoluer). 🙂

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Reprendre contact avec nos corps: compassion et lâcher prise

Au début de l’été, la talentueuse et extraordinaire photographe Sarah Vez, a exposé JUST WORDS – une collection de portraits qui met en lumière 1) la relation que nous avons avec notre corps et 2) le jugement que nous portons sur les autres et à quel point il est néfaste.

Une personne avec un « corps parfait » peut être en grande souffrance. On peut la juger comme chanceuse ou comme salope. Finalement, si on y réfléchit, le jugement que nous avons sur l’autre, en dit long sur notre relation à notre propre corps.

Sarah Vez - Just Words

@credit photo sarazvez.com

Cette exposition était spectaculaire et bouleversante. Par sa mise en scène tout d’abord – sa simplicité ne créait aucun échappatoire: nous – face aux portraits. Je crois que chacun et chacune, nous nous sommes posés la même question: “et moi, qu’est-ce que j’écrirais sur mon corps ?”

Peu importe où nous en sommes aujourd’hui, nous avons la possibilité d’évoluer avec plus de présence, d’affirmation et de douceur.

Je dis régulièrement à mes client-es que quelque part, nous accordons trop d’importance à nos corps. Penser cela, n’est-ce pas à l’encontre du body positive, alors ? Non, je ne crois pas. Comme notre rapport à l’alimentation, je propose de retrouver un juste milieu, une insouciance. Reconnaître notre corps pour ce qu’il est et tout ce qu’il nous permet d’expérimenter. Le remercier et en prendre soin pour dédier notre feu à tous les projets qui nous tiennent à coeur et que notre corps nous permet de concrétiser.

Commencer ton propre voyage vers le Body Positive

Il se peut que cet article ait soulevé quelque chose en toi: un inconfort, une détermination à changer ta perception, de la colère, de l’amour ou de la gratitude.

Je t’invite à marquer une pause et à respirer profondément pour faire le point.

*Respire profondément 3*

Exercice: je t’invite à noter 5 choses que ton corps te permet de faire chaque jour pour lesquelles tu es reconnaissant-e.

Quelle est ta relation avec ton corps ?
Est-ce que tu es plutôt à l’oublier (par exemple, tu te cognes dans tous les meubles)?
Est-ce que tu as plutôt tendance à le masquer (maquillage extrême, coupe de visage qui cache ton visage etc.) ?
Est-ce qu’il est un poids? Une contrainte ?
Est-ce que tu danses avec – c’est ton partenaire de vie / ton allié ?

Puis, ferme les yeux et ressens cette gratitude en te connectant avec ton corps (ressens les pieds qui touchent le sol, l’air qui caresse ton visage, le poids de ton corps sur la chaise).

*Respire profondément 3x*

Ressens-tu cette puissance qui est entre tes mains ? Ce pouvoir de faire la paix avec toi-même ? Des centaines de lecteurs viennent ici chaque jour pour s’inspirer, laisse un commentaire ci-dessous et dis-nous, de quoi tu décides d’être reconnaissante aujourd’hui vis à vis de ton corps.

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